Les
vacances de février ont pour moi ceci de bon : qu’importe la grisaille puisque
la lumière du jour repousse la nuit. Les oiseaux pépient modestement, faisant
fi du crépuscule. C’est le temps des crêpes, des feux de bois et des lectures
derrière une fenêtre baignée de soleil ou sous la lampe, alliée d’un après-midi
gris. Une parenthèse tranquille, débarrassée de la fébrilité obligée des fêtes
de fin d’année. Février nous offre la lumière de la Chandeleur et tous les
quatre ans, au dénouement, un « rappel » avant que le rideau ne
tombe. Février est un mois jeune, fougueux, ambitieux mais aussi plein d’humilité
et de patience quand il ploie sous les bourrasques, les averses et les gelées. Et
qui, au gré du calendrier liturgique, invite à l’entrée en Carême. Mes congés scolaires
sont rythmés par les lectures et l’écriture. Les derniers livres des cadeaux de
noël, ceux d’un anniversaire immuable dans le prologue de l’année nouvelle et les
oubliés qu’on redécouvre au gré d’un rangement du bureau.
Un
bouquiniste de ma ville (évoqué à la Datcha dans la chronique du 22 juillet
2024) proposait il y a quelque temps une vente en ligne alléchante : des
livres brochés à un euro et des poches à soixante-dix centimes. Ma souris a
trottiné de couverture en couverture, prête à mordre au grain puis s’est
ravisée. Provisions à peu de frais, certes mais qui ferait vite basculer dans
la razzia goulue. On n’achète pas des livres comme on commanderait un lot de chaussettes
à la Redoute ! Flâner en librairie ou chez le bouquiniste a autrement plus
de charme. Modération, sœur de la sagesse, m’a pris la main et j’ai lâché la
souris.
Premier
week-end des vacances. Je sors du cours de danse et j’attends l’heure d’aller
écouter une conférence. Mes pas me mènent dans une librairie. Coup de cœur pour
un titre et une quatrième de couverture, une bouchée grignotée dans une page au
hasard. Me voilà riche de deux histoires et auteurs dont j’ignorais tout peu de
temps avant. Gourmandise de mots pleins de promesses : La main sur le cœur[1] et La Maison aux
sortilèges[2].
Et comme les mots sont volontiers joueurs, je remarque à l’instant même où je copie
le nom des auteurs qu’HART et HARTÉ sont paronymes à souhait. Hasard d’un
glanage en librairie ! Acheter des livres sur l’écran n’a point cette
magie-là.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire