Dans quelques jours, je retrouverai ma
bonne vieille Rome éternelle. Les rues que j’ai déjà maintes fois arpentées,
les musées, restaurants et magasins qui me sont familiers. Ce sera une joie qui gommera le ressac du monde avec son lot quotidien d’atrocités, de
querelles haineuses et partisanes, de cataclysmes climatiques. Ce sera une parenthèse
égoïste. Parce qu’il y a toujours une part d’égoïsme dans les voyages, malgré
la ritournelle du voyage comme rencontre de l’autre. Il n’y a pas de tourisme
sans vacance de travail, sans prodigalité financière. Et je mesure là ma
chance. Je serai, dans l’esprit et l’activité, tout entière dans cette ville.
Baguenauder dans une capitale par ses propres moyens, sans être le maillon d’un
tour organisé, donne parfois l’impression de ne plus être un touriste, en dépit
du guide à la main et du plan consulté sur le téléphone portable. C’est
d’autant plus vrai pour moi à Rome. Même si, par l’ampleur de ses sites
antiques, de ses palais Renaissance, de ses églises, elle est une ville-musée à
ciel ouvert. Que l’on y vive ou que l’on y séjourne quelque jours, Rome se
déploie sous nos yeux en une sempiternelle leçon d’Histoire. Elle nous fait
vivre plusieurs siècles à la fois. Revenir à Rome, c’est la retrouver autant
qu’elle me retrouve. Elle satisfait ma passion de la peinture, ma vénération
des vieilles pierres. Elle dispose à la complicité car je sais où la trouver.
Je n’y suis pas complètement touriste car j’y flâne sans but, j’y cherche les
expositions temporaires où ne vont que les Italiens, je conjugue mes loisirs
solitaires aux horaires de travail de mon mari. Rome nous attend également par
les personnes que nous y retrouvons, Français expatriés. Et surtout, comme
toutes les capitales que j’ai pu découvrir, Rome, par son foisonnement
culturel, ses rues et terrasses bondées, me stimule. Elle porte à
l’enthousiasme, à l’admiration. À la sérénité, quand la silhouette d’un pin
parasol se découpe dans le ciel, quand une statue magnifie une fontaine, quand
un coin de rue expose une Madone dans un reposoir.
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